Conserver et transmettre

Le muséum joue un rôle fondamental de conservatoire, assurant la transmission de ce patrimoine aux générations futures.

Cet héritage constitue une ressource scientifique majeure : chaque information associée à un spécimen (collecteur, lieu, date) est un indice précieux pour comprendre les dynamiques environnementales et les transformations des paysages à travers le temps. Ces collections ont été initialement constituées pour leur intérêt scientifique, mais aussi esthétique ou historique. Elles rassemblent plus de 475 000 spécimens, insectes, herbiers, fruits, bois, fossiles, roches, objets lithiques, spécimens naturalisés et ossements de mammifères, oiseaux, reptiles et poissons. Elles sont majoritairement issues de l’Orléanais et de la région Centre-Val de Loire, un ancrage territorial essentiel pour comprendre l’évolution de nos écosystèmes et anticiper leurs trajectoires futures.

Il est difficile de protéger ce que nous ne connaissons pas et dont nous ne comprenons pas les besoins, les limites, les fragilités. Et cela vaut aussi bien dans les collections que dans la nature. L’inventaire et le récolement des collections sont ainsi essentiels pour leur préservation et leur utilisation par les scientifiques. Inscrites dans le domaine public, bénéficiaires de l’appellation « Musée de France », les collections du MOBE sont inaliénables, incessibles et imprescriptibles. Cela signifie qu’elles ne peuvent être vendues, qu’il n’y a aucune limite temporelle pour retrouver un bien qui aurait disparu ou aurait été subtilisé : la prescription ne s’applique pas pour les trésors nationaux

Petit en taille mais de grande importance

Cet échantillon de mousse est LE spécimen sur lequel est basée la description de l’espèce Isothercium alopecuroides. Il s’agit ‘d’une référence mondiale : les scientifiques d’aujourd’hui et de demain, d’où qu’ils viennent dans le monde, doivent et devront se référer à ce spécimen, conservé à Orléans.

© Sophie Carles

Pourquoi conserver les collections ?

Bien plus que de simples objets d’exposition, les collections sont des témoins matériels de la présence des espèces dans l’espace et dans le temps ! Chaque spécimen renferme des informations uniques : données morphologiques, parfois génétiques, ainsi que son contexte de collecte (lieu, date, collecteur), autant d’éléments essentiels à la compréhension du vivant. Côté non-vivant, les roches et minéraux conservés sont souvent issus de sites aujourd’hui inaccessibles. Ils constituent une porte d’entrée vers les trésors renfermés dans le sous-sol.

© Sophie Carles

Avec près de deux siècles de collectes au MOBE, ces données forment un socle scientifique majeur pour analyser les dynamiques de la biodiversité et les transformations environnementales. Dans un contexte d’érosion accélérée de la biodiversité et de changements globaux liés aux activités humaines, les collections naturalistes prennent une dimension stratégique.

À la fois archives du passé et outils du présent, elles permettent d’établir des états de référence, de documenter les évolutions des milieux et d’anticiper les trajectoires futures des écosystèmes. À ce titre, elles jouent un rôle d’alerte, en révélant des tendances parfois imperceptibles à court terme mais déterminantes à long terme.

Investir dans leur conservation, leur étude et leur enrichissement, c’est renforcer notre capacité à produire une connaissance fiable et à accompagner les décisions publiques. Nous ne pouvons protéger que ce que nous connaissons : les collections sont ainsi au cœur de la connaissance et de la préservation du patrimoine naturel.

En application

Le collectif de recherche FALUN (FAuna of the Langhian UNcover) réétudie les faunes et flores de l’Orléanien, dernière période géologique particulièrement chaude. Ce projet éclaire l’évolution des espèces et environnements face au réchauffement climatique.

Le projet CANOPEE étudie les liens entre l’état de santé des chênes pédonculés et la biodiversité des insectes associés dans la région. Des observations et comparaisons mais aussi des données moléculaires permettent de constater un dépérissement des forêts.

En plus de 250 ans, la connaissance du ruminant fossile et énigmatique Amphimoschus a progressé. Grâce notamment à la tomographie 3D, il est désormais reconnu comme un proche des origines des bovins, antilopes et moutons, malgré ses dents en sabre.

La connaissance des insectes pollinisateurs est un enjeu prioritaire de la protection de la biodiversité mais aussi de la soutenabilité à terme de notre agriculture. Papillons, punaises et guêpes du Loiret des collections du MOBE ont été réétudiés en ce sens.

Recolnat

Une collection utile est une collection connue et accessible le plus largement, tant pour des néophytes que des spécialistes. Les près de 500 000 spécimens du MOBE sont au cœur d’un vaste programme de numérisation au sein d’une base de données, transmise ensuite au réseau national des collections naturalistes (Recolnat) !

C'est quoi l'inventaire ?

Chaque spécimen est documenté de manière approfondie, tant sur ses données scientifiques (date et lieu de collecte, identification, etc) que sur son historique ou son état de conservation, grâce à des descriptions détaillées et des photographies. Ce travail de fond, réalisé pour chacun des 500 000 spécimens, 1 par 1, est essentiel à la connaissance des collections et leur utilisation scientifique ou muséographique mais représente un investissement humain considérable. Aussi, le MOBE propose aux personnes intéressées de venir contribuer à cet effort !

Pourquoi les numériser ?

Pour que ces collections soient réellement accessibles et mobilisables pour la recherche à l’échelle internationale, numériser les spécimens est la première étape. La seconde étape consiste à partager ces données avec la plateforme nationale des collections naturalistes, Recolnat, base de données accessible à tous pour consulter les collections de France issues des muséums, universités, organismes de recherche, conservatoires et jardins botaniques, etc. Ce portail est produit par l’infrastructure nationale de recherche sur les collections naturalistes, du même nom. Le MOBE s’investit dans cette démarche et est membre du groupement d’intérêt scientifique (GIS) de Récolnat. En 2026, près de 11 millions d’images et de métadonnées, issues de plus de 80 institutions, y sont déjà accessibles. Il est également possible de participer à cet effort collectif au travers de programmes de sciences participatives, tels que Les Herbonautes, auxquels le MOBE est aussi associé.

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