Les archives de la Terre

Les collections constituent des témoins essentiels de leur époque : ce sont de véritables instantanés de la faune, de la flore et de la géologie. Elles s’enrichissent en continu afin de répondre aux enjeux scientifiques actuels et d’anticiper les questionnements de demain.

Le MOBE développe une politique d’acquisition proactive, en lien avec son projet scientifique et son ancrage territorial, dans un contexte de transformations environnementales. Les collectes sont menées par les équipes du muséum ou en partenariat avec des acteurs locaux (associations naturalistes, parcs zoologiques). Les dons restent cependant le moteur principal de l’accroissement des collections, permettant à chacun de s’impliquer dans la constitution de ce patrimoine commun.

Afin de préserver ces trésors scientifiques, certains spécimens font l’objet de restaurations.

 

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Une acquisition d'intérêt scientifique

Le MOBE a acquis en 2026 une rare collection de micro-champignons récoltés à Orléans de 1891 à 1903. Ces spécimens et les échanges annotés entre les mycologues Boudier et du Colombier éclaireront les scientifiques d’aujourd’hui sur l’évolution de la biodiversité.

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Un projet de restauration

Une défense d’éléphant fossile endommagée a été repérée comme un des spécimens de référence pour identifier une espèce décrite en 1926 (Zygolophodon pyrenaicus aurelianensis Osborn, 1926). Cette défense a été restaurée en priorité par des professionnels.

Le saviez-vous ?

Un type est le spécimen de référence mondiale d’une espèce, un figuré l’illustre dans une publication scientifique. Ces spécimens représentent des supports de la recherche scientifique et sont les trésors les plus précieux d’un muséum. Nous en conservons au MOBE, comme la mousse Isothercium alopecuroides ou le castor fossile Steneofiber depereti, mais également des insectes, des plantes ou d’autres espèces fossiles.

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La gestion des collections

Nous ne sommes que des passeurs. D’informations, de savoirs, de ce patrimoine constitué avant nous et qui perdurera après nous. Le rôle essentiel du MOBE est de conserver et transmettre afin de garantir qu’un maximum d’informations traverse le temps : faire sa part pour les générations suivantes.

La gestion des collections, de l’entrée d’un spécimen à son inventaire, suit un protocole rigoureux. Avant toute intégration en réserve, l’objet est nettoyé puis soumis à des mesures de conservation préventive (quarantaine, chambre froide ou anoxie). Il est ensuite conditionné, marqué avec un numéro d’inventaire et photographié, afin de le numériser pour sa diffusion vers les chercheurs, de documenter son état et d’en suivre l’évolution. Enfin, l’ensemble des informations est intégré dans une base de données. Il existe donc un inventaire exhaustif en cours de réalisation permettant d’avoir une vision d’ensemble des spécimens abrités au sein du MOBE.

Le travail en collections relève cependant aussi d’une véritable enquête. Chaque spécimen, parmi les près de 500 000 conservés au MOBE, est associé à une fiche d’identité où chaque donnée compte : lieu, date, collecteur, autorisations, identification. Ces informations, lorsqu’elles sont précises, constituent une ressource essentielle pour la recherche et la compréhension du vivant.

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Les enjeux de conservation

Les spécimens, organiques ou rocheux, se dégradent naturellement. Un organisme, une fois mort, se dégrade. Des procédés particuliers sont utilisés lors de naturalisation pour stopper cette rapide décomposition. Cependant, ces matériaux restent des matières organiques, peu stables dans le temps et sources de nourriture pour des insectes ou des moisissures. L’enjeu principal des professionnels des collections est de lutter contre cette dégradation inexorable.

Les équipes luttent contre insectes, moisissures, lumière, température et humidité, mais aussi contre l’humain, premier facteur de dégradation par des manipulations non appropriées. Les anciens traitements toxiques ont été remplacés par des méthodes respectueuses de l’environnement et de la santé des agents : : contrôle climatique, décontamination systématique des collections par anoxie (0% d’oxygène), froid (-30°C) ou quarantaine (isolement pendant 40 jours) et contrôles des accès aux réserves.

Pyrite et marcassite

Pyrite et marcassite sont des sulfures de fer communs dans les minéraux, roches et fossiles. S’il fait trop humide, ces sulfures se transforment en sulfates et en acide sulfurique corrosif. Cette transformation fissure et réduit en poudre les spécimens.

Anthrènes

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la dégradation d’une taxidermie. Les insectes comme les mites, les dermestes et surtout les anthrènes sont redoutés et surveillés. Ces insectes se nourrissent des poils, des plumes et des peaux d’animaux naturalisés. 

Moisissures

Les moisissures sont un des principaux dangers pour les collections botaniques et d’animaux naturalisés. Ces champignons microscopiques se développent dans des environnements humides et peuvent provoquer des altérations irréversibles.

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Attention, toxique !

Certaines collections anciennes ont été préparées avec des produits comme de l’arsenic ou du mercure. Aujourd’hui, les agents doivent se protéger lors de la manipulation des collections : masques, gants, blouses, etc Ces protocoles protègent aussi les spécimens des contaminations humaines.

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Moins d’1 % des spécimens du MOBE est présenté au public.

Moins d’1 % des spécimens du MOBE est présenté au public. Le reste est conservé en réserves, des espaces adaptés garantissant des conditions optimales sur le long terme. Chaque salle est ajustée aux besoins des collections : les taxidermies n’exigent pas les mêmes paramètres que les roches. Des grands mammifères aux insectes, plus de 475 000 spécimens y sont protégés, dont plus de 330 000 insectes. Ils demeurent accessibles pour la recherche mais aussi à l’occasion d’expositions temporaires.

© Sophie Carles