Sommaire
Paléontologie
La paléontologie est l’étude des fossiles. Un fossile peut être un reste enfoui et minéralisé d’un organisme passé, comme une coquille ou un os. Un fossile peut aussi être une trace de leur activité, comme une empreinte, un terrier… ou des crottes ! Les fossiles sont récoltés en surface ou lors de fouilles, en précisant bien leur provenance et le contexte géologique. L’information qu’on pourra tirer d’un fossile sera liée au fossile lui-même mais aussi au type de roche dans lequel on l’a trouvé.
La plupart des fossiles du MOBE viennent du Val de Loire. Beaucoup ont vécu à une période s’étalant de 23 à 5 millions d’années*. Il s’agit surtout de vertébrés et de mollusques continentaux mais aussi des mollusques marins des faluns. Ces fossiles sont une référence internationale pour un temps géologique appelé Orléanien. Ces fossiles proviennent de dons d’amateurs de la région, de collectes des conservateurs passés mais aussi de fouilles et de quelques achats.
La forme, la taille ou la structure des fossiles, leur nombre ou leur présence simultanée nous renseignent sur leur vie et les environnements passés. Près de Beaugency, des sites ont livré des fossiles de mammifères terrestres et de mollusques marins, conservés pour partie au MOBE. Leur étude par une équipe de recherche internationale a montré en 2025 que ces dépôts fluviatiles du Loiret et marins du Loir-et-Cher datent d’environ 15 millions d’années, devenant des références pour les gisements européens (Perthuis, A. de et al. 2025).
*Miocène
Nos collections de paléonthologie
Botanique
La botanique est l’étude des végétaux. Les herbiers et graines sont des collections dites inertes, à l’inverse des plantes que font pousser les jardins botaniques, dites collections vivantes. Un herbier est un ensemble de plantes pressées et séchées à plat, puis fixées sur un support en papier avec une étiquette reprenant les informations de récolte. Un herbier désigne aussi une collection comprenant plusieurs liasses d’herbiers. Les graines sont séchées voire lyophilisées pour être conservées en bocaux.
Les collections botaniques du MOBE sont issues de collectes des botanistes et conservateurs du Muséum, mais aussi de dons et d’achats. Ces collections rassemblent surtout des herbiers de plantes de la région Centre-Val de Loire, collectées au 19ème siècle : principalement des plantes à fleurs, mais aussi fougères, mousses, algues, lichens, champignons. Quelques fruits secs, graines, échantillons de bois et pommes et poires locaux moulés complètent ces collections.
Une science multi-usages
Les collections botaniques sont utilisées dans de nombreux domaines : étude de la flore, anatomie des plantes, taxinomie, biogéographie ou encore ethnobotanique. Elles couvrent deux siècles de l’évolution des populations végétales dans notre région et à ce titre constituent de véritables archives environnementales. Récemment, des échantillons de sol conservés dans les racines de plantes d’herbier du MOBE ont été prélevés afin d’étudier l’ADN environnemental des lieux de collecte du 19ème siècle.
Archéologie
L’archéologie est l'étude de l'être humain et son environnement, à travers l'ensemble des vestiges matériels ayant subsisté au cours des siècles et des millénaires. Au contraire, la paléontologie étudie les animaux et végétaux fossiles, plus anciens, avant l’apparition de l’être humain. Le MOBE conserve dans ses collections les témoins des périodes de la préhistoire* sous la forme d’outils lithiques en silex, quartz, grès ou autres roches, d’os humains ou animaux et de céramiques.
*Paléolithique, Mésolithique et Néolithique
Les collections archéologiques du MOBE sont largement issues de celle de l’abbé André Nouel, éminent préhistorien régional du 20ème siècle. Elles regroupent aussi des ensembles anciens collectés par des érudits de Beauce et du Gâtinais. Les collectes, en archéologie comme en paléontologie, se font soit par le ramassage de spécimens visibles en surface ou par des fouilles permettant d’accéder au sol et au sous-sol. Les collections du MOBE couvrent toutes les périodes de la préhistoire de la région.
Ces artefacts sont mis à disposition des professionnels de l’archéologie. Récemment, 76 haches néolithiques ont été analysées lors d’un projet de recherche sur la diffusion de la dolérite, un matériau métamorphique très spécifique.
La série issue de la fouille de la sépulture mégalithique d’Éteauville (28) par l’abbé Nouel au début des années 1960, et la nombreuse documentation associée, firent l’objet d’un article retraçant l’histoire de la fouille et permirent de retrouver quelques éléments de parures dispersés à l’époque.
Entomologie
L’entomologie étudie les insectes, petits animaux à 6 pattes et possédant un squelette externe. Les insectes constituent plus de 80 % de la diversité animale actuelle. La conservation des insectes en collection se fait souvent séchés et épinglés dans des boîtes vitrées. Les autres arthropodes, comme les araignées et les mille-pattes, sont plutôt conservés en fluide dans des flacons. La collection entomologique est la plus riche des collections conservées au sein du MOBE avec près de 330 000 spécimens.
Les collections entomologiques du MOBE regroupent des collectes de naturalistes souvent locaux, du milieu du 19ème siècle à nos jours. L’entomologie est très présente dans la région, avec des laboratoires de recherche, fédérée par des associations liées aux muséums, en particulier à Orléans. Cet intérêt suscite de nombreuses collectes, qui, un jour, viennent enrichir les collections du MOBE. Au MOBE, près de 80% des collections sont des insectes… dans les autres muséums, c’est plus souvent 30 à 40%.
Les collections entomologiques jouent un rôle majeur dans la compréhension de l’érosion de la biodiversité en cours. En particulier, elles permettent la connaissance de l’évolution des populations d’insectes sur près de deux siècles. Ces dernières années, le MOBE a participé au projet universitaire CANOPÉE et a pu faire entrer en collections de nouveaux spécimens. Ils ont été étudiés pour comprendre le phénomène de dépérissement des forêts de la région, en lien avec le réchauffement climatique.
Ostéologie
L’ostéologie est l’étude des os. Que ce soient les arêtes du saumon, les os du poulet, ou les phalanges de votre petit orteil, tous les vertébrés ont des os, composant un squelette. L’étude de la forme, de la structure et de la taille des os révèle des informations sur le mode de vie, de locomotion ou encore sur la taille et la masse de l’animal. Les os peuvent aussi nous raconter l’histoire de l’évolution du vivant, en nous renseignant sur les relations de parenté entre animaux.
De nombreux crânes
La collection ostéologique du MOBE est surtout constituée de spécimens collectés avant 1900. Elle rassemble des mammifères d’origines variées, souvent de grande taille, où le tapir côtoie la loutre et le cerf. Les crânes sont très présents dans cette collection. Chez les mammifères en particulier, les crânes sont très utiles car de nombreuses caractéristiques sont lisibles sur un crâne et sur les dents qu’il porte, tant sur l’alimentation, la sensorialité ou l’identification de l’espèce.
La forme d’un os peut être liée à plusieurs raisons combinées, comme le sexe, l’âge, le mode de vie, les relations de parenté ou encore la masse de l’animal. Tout l’intérêt de l’étude des os, actuels ou fossiles, réside dans le fait d’identifier quel facteur influence tel aspect de la forme de l’os.
Bocalerie
La conservation en fluide, ou bocalerie, est souvent associée à la médecine et à la tératologie, soit l’étude des malformations anatomiques. Des organismes malformés ou étranges ont été conservés de cette manière pour être exhibés, au côté d’organes comme un cœur ou un poumon. Au-delà de ce côté folklorique, cette méthode de conservation est essentielle pour préserver des tissus mous et parfois même de l’ADN. Ces collections sont précieuses pour la recherche scientifique.
Les collections en fluide ont longtemps été utilisées dans l’enseignement. Cependant, leur entretien est contraignant, voire dangereux. De nombreux établissements scolaires se défont de ces collections au profit des muséums, aux conditions adaptées à leur conservation. La collection de la bocalerie du MOBE est principalement centrée sur les organismes régionaux. Le développement de cet ensemble vise à une meilleure connaissance de la biodiversité et notamment de groupes d’animaux peu connus.
Le grand avantage de la bocalerie réside dans la conservation de l’intégrité physique du spécimen. Tout est conservé ! Cela permet une étude morphologique assez fidèle, même si les couleurs peuvent changer avec les fluides. Au contraire, les organes des insectes séchés sont peu exploitables, les animaux naturalisés ne conservent que la peau et quelques os, les herbiers aplatissent les plantes. Une collection de bocalerie est un excellent complément aux collections sèches, très utiles sur d’autres plans.
Documentation
En plus de la bibliothèque du MOBE, il existe un centre de documentation, accessible à tous et toutes sur simple demande ou rendez-vous. Il est constitué de revues scientifiques, d’une cartothèque, d’archives scientifiques et d’un fonds de livres anciens.
Les revues scientifiques et bulletins de sociétés savantes couvrent une période du milieu du 19ème siècle à nos jours. Pour découvrir les numéros conservés au MOBE, vous pouvez consulter le catalogue en ligne SUDOC.
Le fonds de livres anciens est composé de 2000 ouvrages, dont le plus ancien, de botanique, date de 1615. Ce fonds comprend les incontournables en sciences naturelles comme Buffon et Cuvier, mais aussi des ouvrages très spécialisés en entomologie (insectes) et en botanique.
Les archives scientifiques sont constituées de dons de fonds de chercheurs, accompagnant ou non des collections. Le plus complet est celui du paléontologue Léonard Ginsburg, et plus récemment, celui du paléontologue Christian de Muizon.
La documentation apporte un éclairage historique à nos spécimens, qu’il s’agisse d’anciennes collectes ou des collecteurs. Cette histoire croisée permet de mettre en évidence des liens inattendus. Récemment, nous avons redécouvert la correspondance du mycologue orléanais Maurice du Colombier, comportant des échantillons de champignons. Cet ensemble constitue un témoignage rare et précieux de la biodiversité locale de la fin du 19ème siècle.
Saurez-vous associer les spécimens par typologie de collection ?
Retournez les cartes et réalisez des paires. 4 typologies de collections sont à retrouver : mammalogie, minéralogie, entomologie et botanique